Pétition: "Racisme is onze collectieve verantwoordelijkheid" - "Le racisme est notre responsabilité collective"


Texte traduit du Néerlandais:

En deux semaines de temps, nous avons été témoin de différents crimes d’inspiration raciste, avec, comme apogée tragique, l’attaque meurtrière raciste sur Luna, Oulemata, et Songül par Hans, 18 ans, en plein jour, au cœur d’Anvers.

La Flandre est multiculturelle et ce multiculturalisme est un fait irréversible. Cela ne vaut pas hélas pour le caractère démocratique de notre société. Nous constatons que, au cours de cette dernière décennie, en Belgique et dans d’autres pays européens, le racisme et la xénophobie se sont propagés. La réalité et l’opportunité d’une société multiculturelle sont de plus en plus souvent mises en question, ce qui contribue à rendre la vie en commun de plus en plus difficile.

À cela nous disons NON ! Il est temps que le racisme soit reconnu comme un problème structurel et social. Chacun d’entre nous doit l’admettre et prendre ses responsabilités. Le combat contre le racisme doit dépasser la rhétorique classique qui n’implique aucun engagement. Pendant trop longtemps nous avons eu une attitude permissive face à un discours raciste et islamophobe qui ramène les tensions et les problèmes sociaux à des différences culturelles et qui entraîne des affrontements entre différents groupes de la population. Pendant trop longtemps nous avons fermé les yeux devant la réalité d’un racisme institutionnalisé. Pendant trop longtemps nous avons été des spectateurs passifs et avons accepté que les Ali et les Ayshe soient discriminés — dans l’enseignement, sur le marché du travail, sur le marché du logement — purement et simplement à cause de leur nom, de leur aspect ou de leur foulard. Pendant trop longtemps nous avons accepté que différents responsables politiques dénoncent le racisme en paroles, mais que leurs actes ouvrent parfois la voie à un discours raciste. Combien de tragédies faudra-t-il encore avant que nous ne nous rendions compte que le racisme détruit toute chance de vivre dans une société démocratique et pacifique ?

Voilà pourquoi nous en appelons à tous les démocrates pour mettre fin à la permissivité vis-à-vis du racisme et à la discrimination qui, depuis des années, mine notre société. Les médias et les hommes politiques portent ici une responsabilité écrasante. L’attitude permissive des partis établis et des médias a permis au poison du racisme de s’instiller dans toutes les couches de la population. Les discours démagogiques et haineux du Vlaams Belang (VB) et de certains mandataires des partis établis qui prennent régulièrement pour cible la société multiculturelle, les « allochtones », les réfugiés et les demandeurs d’asile, provoquent à peine la réprobation, voire l’étonnement. Le jeudi 11 mai 2006 un adolescent forcené a tiré à balles, blessant mortellement deux de ses victimes.

Le temps est venu de faire place à une réflexion collective, politique et sociale. Si nous voulons un avenir démocratique pour notre pays et nos enfants, il est temps de passer aux actes. La discrimination et le racisme doivent être reconnus comme étant des problèmes fondamentaux et doivent, par conséquent, être traités comme tels. Le racisme et la discrimination ne sont pas le fait de quelques individus malveillants ou dupés, ni même d’un seul parti : ils sont devenus partie intégrante de l’ordre établi, de notre vie quotidienne, de notre manière d’agir et parfois même de notre langage. Ces phénomènes doivent être combattus d’urgence sur différents fronts.

1) Sur le plan politique et juridique, les lois et les règlements existants doivent être appliqués effectivement, également au VB. Pendant trop longtemps ce parti, qui a pourtant été condamné pour incitation au racisme, a reçu d’autres partis un sauf-conduit politique pour ses campagnes haineuses.

2) De plus, la lutte contre les discriminations dans les différents secteurs sociaux doit recevoir la priorité absolue qu’elle mérite, ce qui a trop peu été le cas jusqu’à présent.
— La discrimination doit être étalonnée et, par conséquent, rendue visible. Cela permet d’évaluer l’efficacité de la politique gouvernementale. Nous ne sommes pas suffisamment sur nos gardes.
— Malgré toutes les bonnes intentions pour résoudre le problème, la discrimination lors de l’embauche reste un phénomène répandu. Les tests pratiques, les clauses des contrats et les quotas d’embauche, en commençant par le secteur public, sont de bons moyens pour combattre l’exclusion systématique des minorités ethniques sur le marché du travail. De même les discriminations, par exemple sur le marché du logement et dans l’enseignement, doivent être traitées de manière plus efficace. Les écoles qui, à l’aide de toutes sortes de tours de passe-passe, gardent délibérément leurs portes fermées à certains enfants en raison de leur origine, doivent être plus sévèrement rappelées à l’ordre. Ne pas vouloir intervenir, c’est consentir ou, pour le moins, faire preuve de négligence coupable.
— En tout cas, le secteur public doit donner l’exemple dans le domaine des ressources humaines (exigence de quotas) et dans le combat contre la discrimination chez les fonctionnaires et dans les services de police. Ce n’est pas le cas à ce jour.

3) Finalement, le racisme au quotidien et la banalisation du discours raciste doivent être combattus. On ne peut admettre que, sous prétexte qu’ils « transgressent des tabous », les discours racistes reçoivent un sauf-conduit dans notre société.
— Les médias, qui sont les principaux témoins de notre société multiculturelle, doivent réfléchir d’urgence à leur responsabilité dans la propagation du racisme au quotidien et dans l’utilisation d’un discours dans lequel « l’autre » est considéré comme un parasite et un profiteur, voire comme une crapule et un « prédateur ». Qui ne dit mot consent.
— La réalité multiculturelle de la Flandre, de Bruxelles et de la Belgique doit être enseignée dans toutes les écoles, afin que nos enfants s’imprègnent de cette réalité et apprennent à la vivre au quotidien.

Les problèmes de la société (multiculturelle) ne doivent pas être ignorés, mais analysés et résolus. Tout le monde a voix au chapitre. Le fait de considérer ou de traiter son prochain comme un être inférieur empêche cependant toute solution humaine. La Flandre est et sera multiculturelle ou la Flandre (démocratique) ne sera pas. Le racisme et l’exclusion détruisent la société. Les combattre est devenu littéralement « une question de vie ou de mort ».

Initiatrices et initiateurs (ordre alphabétique):

Meyrem Almaci (Cultuurwetenschapper VUB), Sarah Bracke (Genderstudies Universiteit Utrecht/University of California Santa Cruz), Bambi Ceuppens (Antropoloog, KUL), Herman De Ley (Classicus UGent, Ex-directeur CIE), Nadia Fadil (Sociologe KUL), Dirk Jacobs (Socioloog ULB – KUB), Meryem Kanmaz (Politicoloog, UGent), Hendrik Pinxten (Voorzitter Humanistisch Verbond, Antropoloog UGent)

Soutiennent le texte (19 mai 2006, ordre alphabétique):

Koen Abts (Socioloog, KUL)
Yves Aerts (Het Roze Huis – Antwerpse Regenboogkoepel)
Dirk Adriaensens (Coordinator SOS Iraq, lid Brussells Tribunal)
Peter Algoet (Adj.-dir. Humanistisch Verbond Vlaanderen)
Karel Arnaut (Vakgroep Afrikaanse Talen en Culturen, UGent)
Omar Ba (Afrikaans Platform)
Keltoum Belorf (Journaliste Indymedia)
Selamet Belkiran (Unie van Turkse Verenigingen)
Abdelhay Ben Abdellah (Lid Moslimexecutieve)
Ruben Benoot (BettR Logistics NV)
Saliha Berhili (Voorzitster Actiecomité Moslimvrouwen Vlaanderen)
Jaak Billiet (hoogleraar sociologie, KUL)
Tyl Bossuyt (De Veerman Kunsteducatie)
Hakim Boutkabout (Student KUL)
Dirk Brossé (componist - dirigent)
Geert Buelens (Universiteit Utrecht & auteur)
Lucas Catherine (Auteur)
Bart Cambré (socioloog, KUL)
Ridvan Can (Federaties Zelforganisaties Oost-Vlaanderen)
Rifat Can (Turkse Unie van België)
Karen Celis (Hogeschool Gent)
Mohammed Chakkar (coordinator Federatie van Marokkaanse Verenigingen)
Naïma Charkaoui (Forum van Etnisch-Culturele Minderheden)
Eric Corijn (Cultuurfilosoof, VUB)
Bert Cornillie (Taalkundige, KUL-UA)
Noël Clycq (Communicatiewetenschapper, UA)
Geertrui Daem (Auteur)
Helge Daniels (Docent Arabisch, KUL, HIVT)
Lut de Block (Dichteres)
Filip De Boeck (Antropoloog, KUL)
Patrick De Laender (Secretaris-Generaal De Munt/La Monnaie)
Jean Delbeke (Cineast)
Johan de Koning (Standaard Uitgeverij/Manteau)
Patrick Deboosere (VUB, Interface Demografie)
Gita Deneckere (historica, UGent)
Wim Deneuter (Publicist)
Didi de Paris (Kunstenaar)
Guido Deraeck (Sociaal wetenschapper/ KHL)
Dominique Deruddere (Filmmaker)
Luc de Schepper (Rector Universiteit Hasselt)
Luc Desmedt (Alg. dir. Humanistisch Verbond Vlaanderen)
Ida Dequeecker (Ambtenaar en lid Vrouwen Overleg Komitee)
Raymond Detrez (Balkanoloog UGent, bestuur Arkprijs)
Pol De Vos (Instituut Tropische Geneeskunde)
Hans De Witte (Professor Arbeidspsychologie-KUL)
Nadia Diraä (Ibn Ruschd Stiftung)
Gert Dooreman (vormgever,Gent)
Sonja Eggerickx (Voorzitter Unie Vrijzinnige Verenigingen)
Mark Elchardus (Socioloog, VUB)
Saïd El Majdoub (Voorzitter Student Focus)
Mohamed El Omari (Voorzitter Divers & Actief)
Hatim El Sghiar (Kif Kif)
Laila Ekchouchou (Blijfvanmijnhoofddoek)
Jan Fabre (Kunstenaar)
Fouad Gandoul (Vzw Internationaal Comité)
Jos Geudens (Kinderen zonder papieren)
Leen Gochet (Fiëbre, Multicultureel Platform)
Willy Gochet (Prof. Em. KULeuven)
Eric Goeman (Voorzitter Democratie 2000)
Gie Goris (Hoofdredacteur MO*)
Zeynep Göktepe (Agora, Strategisch Project Vrouwen, Gent)
Johan Grimonprez (Filmer)
Amir Haberkorn (Union des Progressistes Juifs de Belgique)
Karim Hassoun (Voorzitter AEL Belgie)
Rosalie Heens (Motief vzw)
Kristien Hemmerechts (Schrijfster)
Stefan Hertmans (schrijver en Hogeschool Gent)
Greet Heslinga (Motief vzw)
Mark Janse (Classicus, Roosevelt Academy Middelburg/UGent)
Gerrit Janssens (Auteur)
Ivo Janssens (Coördinator Kunst en Democratie)
Erik Kennes (KMMA, Tervuren)
Paul Kerstens (KVS / Green Light)
Jaap Kruithof (Filosoof)
Yilmaz Koçak (Cagdas Dernekler Federasyonu)
Rudi Laermans (Socioloog, KUL)
Marc Laquière (Pedagogisch Stafmedewerker FMV)
Rachida Lamrabet (Juriste)
Eric Laureys (Historicus SEGES-SOMA)
Kris Lauwerys (Docent Nederlands, Mons)
Johan Leman (Hoogleraar KUL)
Joyca Leplae (Meldpunt discriminatie Holebifederatie)
Matthias Lievens (Filosoof, KUB)
Ching Lin Pang (Centrum voor gelijkheid van kansen en voor racismebestrijding)
Patrick Loobuyck (Dr-Ass Wijsbegeerte & Moraalwetenschap, UGent)
Marc Loos (Predikant Verenigde Protestantse Kerk Rabot Gent)
Fred Louckx (Socioloog, VUB)
Nicolas Malevé (Constant vzw)
Loredana Marchi (Directrice Foyer vzw)
Albert Martens (Em. Hoogleraar, Socioloog KUL)
Michael Meeuwis (Docent, UGent)
Johan Mertens (Ecologie, UGent)
Frank Meys (Lector SCW Ehsal)
Réginald Moreels (Medicus)
Wendy Morris (Visual Artist)
Erwin Mortier (Auteur, Gents stadsdichter)
Freddy Mortier (Ethicus, decaan fac. L&W)
Cas Mudde (Politicoloog, UA)
Tom Naegels (Schrijver en publicist, Antwerpen)
Ramsey Nasr (Dichter)
Dany Neudt (Coördinator Kif Kif vzw)
Christopher Oliha (Forum van Etnisch-Culturele Minderheden)
James Ololo (Uitgever, Mamboleo)
Lieve Orye (Antropoloog, UGent)
Paul Pataer (Eresenator, jurist)
Gert Pauwels (Managing Director Atmosphere BBDO)
Axl Peleman (Muzikant)
Roland Pepermans (Gewoon Hoogleraar, Arbeids- en Organisatiepsychologie, VUB)
Judith Perneel (Steunpunt Allochtone Meisjes en Vrouwen)
Jean Pestieau (professeur de physique, UCL)
Piet Piryns (zonder meer)
Alain Platel (Les Ballets C dela B)
Peter Prinsen (Art-director Vlaamse Media Maatschappij)
Axelle Red (Artiest)
Olivia Rutazibwa (Politicologe, IUE-Firenze)
Mong Rosseel (Podiumkunstenaar/De Vieze Gasten)
Mien Roymans (Assistant Project coordinator /CAST Inc.)
Mark Saey (Filosoof, Blokwatch)
Pieter Saey (Geograaf, UGent)
Marie Scheirlinck (medewerkster Vermeylenfonds/ docente VSPW-Gent)
Nadia Scheys (Radiomaker)
Isabelle Schoepen (Recensent)
Björn Siffer (Adjunct-dir. Hum. Verbond Vlaanderen)
Jessy Siongers (Sociologie VUB)
Johan Soenen (Erevoorzitter A. Vermeylenfonds)
Han Soete (Indymedia)
Youssef Souissi (voorzitter VOEM)
Ruth Stokx (Directeur Vlaams Minderhedencentrum)
Marc Swyngedouw (Hoogleraar KUL)
Marleen Temmerman (Prof. Gyneacologie UGent /Ark Prijs vh Vrije Woord 2006)
Peter Theuns (Psycholoog, VUB)
Kim Tibos (Pedagoge, VUB)
Jo Tollebeek (Gewoon hoogleraar KUL)
Peter Tom Jones (Postdoc. Onderzoeker KUL)
Sam Touzani (Acteur)
Monika Triest (Pedagogisch coördinator, A'pen,)
Chika Unigwe (Schrijfster)
Jean-Paul Van Bendegem (Filosoof, decaan L&W, VUB)
Diny Van Beylen (FC Poppesnor)
Benjamin Van Camp (Rector Vrije Universiteit Brussel)
Gie van den Berghe (Ethicus, UGent)
Jan Vandersmissen (Het Roze Huis- Antwerpse Regenboogkoepel)
Alexander Vanderstichele (Socioloog, KUL)
Elke Vandeperre (Werkplaats voor Theologie en Maatschappij)
Gertrudis Van de Vijver (Filosofe, UGent)
Ellen Van den Bulck (Fiëbre Multicultureel Platform)
Eefje van der Linden (Motief vzw)
Katrien Vandermarliere (Directeur Vlaams Architectuurinstituut)
Eric Vanhaute (Historicus, UGent)
Hein Vanhee (Hoofd Collectiebeheer KMMA)
Henk Van Hellem (Gecoöpteerd Bestuurder VUB)
Martine Vanherck (Federatie Wereldvrouwen vzw)
Annemie Van Kerckhoven (Kunstenares)
Joke van Leeuwen (auteur, tekenaar, performer)
Jim Van Leemput (voorzitter vzw Fugitive in Exile, Alg. dir. VUB)
Gregory Van Lier (Postdoctoraal onderzoeker UCL)
Bart Van Loo (Publicist)
Lode van Outrive (Criminoloog, KUL)
David Van Reybrouck (Schrijver)
Koen Van Synghel (Architect-criticus)
Jan Vandersmissen (Het Roze Huis – Antwerpse Regenboogkoepel)
Guy Vanthemsche (Historicus, VUB)
Raf Verbeke (vakbondsafgevaardigde Carnoy Gent)
Irina Veretennicoff (Professor Fysica en Fotonica, VUB)
Tom Verschaffel (Docent Geschiedenis KUL, campus Kortrijk)
Remi Verwimp (Werkplaats voor Theologie en Maatschappij)
Raf Walschaerts (Kommil Foo)
Peter Westenberg (Constant vzw)
Dominique Willaert (Victoria Deluxe, Gent)
Gudrun Willems (Centrumverantwoordelijke Gemeenschapscentrum Elzenhof)
Els Witte (Historica, oud-rector VUB)
Barbara Wyckmans (Het Paleis)
Hilal Yalçin (Steunpunt Gelijke Kansen, UA)
Söhret Yildirim (Cultuurwetenschapper)
Sami Zemni (Politicoloog UGent, directeur C.I.E)
Walter Zinzen (Ex- VRT journalist)

Le texte a été publié (en néerlandais) le samedi 20 mai 2006 dans les journaux De Morgen et De Standaard.
La traduction a été publiée mercredi 24 mai dans Le Soir.

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additif (22 mai, engage uniquement les initiateurs):
Ce texte a été rédigé à la suite des événements tragiques du 11 mai à Anvers. Dans cet additif, ses initiateurs désirent, une fois de plus, insister sur le fait que, malheureusement, d’autres personnes aussi ont récemment été victimes de violence raciste extrême (entre autres, le regretté Mohamed Bouazza à Anvers et, à Bruges, Raphaël Mensa, toujours dans le coma). Ces faits ne sont que les cas les plus extrêmes d’une série d’incidents qui n’ont pas toujours fait la une des journaux.