Déjà quatre ans avant le jour du tragique accident d\'Oberglatt, le G.S.A.M. a défendu une position claire: toutes les mesures qui peuvent réellement améliorer la sécurité de la population vis-à -vis des chiens, doivent être soutenues, pour autant qu\'elles soient réalisables dans la pratique et non discriminantes.
Dans ce contexte, le G.S.A.M. soutient toutes les propositions faites pour améliorer l\'élevage et la garde des chiens de toutes races, ainsi que celles visant à sensibiliser et à responsabiliser les détenteurs. L’association est également favorable au repérage le plus précoce possible des chiens susceptibles de présenter un comportement dangereux et à la prise de mesures ciblées vis-à -vis de ceux-ci par le biais des offices vétérinaires compétents.
Mais en revanche, je pense que si les lois étaient appliquées au sens cantonal, il y aurait déjà eu l\'évitement du drame de la région zurichoise...
En effet, cet homme a déjà été poursuivi et nombres de jeunes en dérive sont déjà connus des services de police... et vétérinaire, mais c\'est dans le premier cas une rubrique chien écrasé et dans le second, un secret professionnel dû au corps de médecine du vétérinaire.
De ce fait, il n\'y a que par des mesures liées aux facteurs de problèmes et non plus des outils que se pose la question d\'une loi applicable et possible dans une tendance à l\'économie actuelle.
En effet, une loi qui bannit une où plusieurs races spécifiques au lieu de sévir contre les chiens dangereux en général est inutile.
Nous en sommes donc venu à la conclusion que des lois qui reposent sur des critères subjectifs, ne peuvent mener qu’à une application arbitraire.
Nous affirmons que le même argumentaire peut être employé en Suisse pour qu\'une loi soit jugée inconstitutionnelle, puisqu\'il s\'agit de principes juridiques fondamentaux partagés par tous nos cantons.
En effet, sachant que le dernier chien «tueur» de Suisse reste d’ailleurs un berger allemand qui tua son propre maître, en 1992, le teckel qui avait agressé et tué le bébé de ses propriétaires et en 1979, ce furent des saint-bernard qui tuèrent un garçon de 5 ans…
Jamais une de ces races n’a eu à faire l’objet de quelconques mesures sur la base de l’habitude de la race pour le premier et de la fierté patriotique pour le second Même si ceci n’a pas pour but de stigmatiser les races, mais de comprendre l’ambiguïté du problème.
De ce fait, bannir les pitbulls et certains molosses serait donc une solution disproportionnée, surtout qu’il semble facile de contourner la loi: Il suffit que des gens mal intentionnés se procurent des chiens issus de croisements pour échapper à l’interdiction. En effet, beaucoup de facteurs déterminants (inhibition de la morsure, socialisation, auto-contrôles) sont acquis et non déterminés génétiquement.
Différentes études ont été publiées (annonces d’accidents / tests de comportement) ne permettent pas de mettre en évidence une dangerosité plus élevée des chiens dits de combat par rapport aux autres races comme les bergers.
A l’intérieur de différentes races, des lignées avec des comportements d’agression plus développé ont été observées.
Les restrictions liées aux races n’ont pas d’influence sur la fréquence des accidents par morsure et sur la fréquence des accidents mortels. Les mesures basées sur des listes de races ne peuvent être justifiées, donc seraient arbitraire dans toutes obligations de coercition supplémentaire si l’on détient tel ou telles races de chiens.
Les mesures liées à des races n’atteignent pas le « milieu » qui se tient déjà dans l’illégalité et où se retrouvent effectivement des paires chien / détenteur dangereux (comme dans le drame d’Oberglatt). Et en ce qui concerne l’application de mesures liées aux races, les types de chiens ne sont pas différentiables (cane corso et dogo canario par exemple, croisements divers), il n’y a pas de contestation possible de la dangerosité de son animal et ceci n’est pas conforme à la réalité des situations. La réalité dans cinq ans sera qu’il y aura continuellement de nouveaux chiens (contrôle des frontières quasi inexistant avec son chien) dans l’illégalité. Ceux-ci devraient être pris en charge par les refuges ou euthanasiés, indépendamment de leur dangerosité. Ça semble tout de même inapplicable aux vues des complications juridiques sans fin, les ressources seront gaspillées sans même qu’un changement ne puisse être perçu.
Je finirais par dire que n’importe quelle race de chiens peut être un chien de famille au même titre, que chaque chien peut être élevé pour agresser ou tuer.